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La greffe de moelle osseuse, comme alternative thérapeutique pour certaines formes de caner sud sang, serait vécue par le patient comme événement traumatique parce que le temps psychique et le temps médical ne sont pas synchrones. Au réel biologique « pur » répondent des affects « gelés ». La greffe de moelle est perçue par les enfants comme un bouleversement de leur identité. Cette intrusion de l’Autre dans leur psyché, et ce, même si le greffon est perçu comme salvateur, s’accompagne de signes cliniques dont l’étiologie médicale ne peut se satisfaire entièrement. Il existe un temps « pétrifié », véritable métabolisation du greffon, dont les entretiens psychologiques se saisissent. Pas à pas. Le dialogue patient/psychologue chemine sur les fantasmes, images, métaphores, véritables petits cailloux blancs, qui permettront au patient de faire sienne cette moelle étrangère et, ainsi, de reprendre pied, progressivement, dans « le temps de tous ». Un intéressant travail présenté lors de la 9ème semaine du réseau Mère enfant de la Francophonie, organisé par le centre hospitalier Ibn Sina de Rabat, dont un des thèmes principaux est consacré à la vie après le caner, a montré que, le psychologue se trouve ainsi à l’interface de deux temporalités qui doivent faire histoire pour les protagonistes (patient / famille et équipe soignante). Le travail du psychologue permet au patient de tisser sa propre perception de la greffe de moelle, fil à fil, avec son histoire, puis l’articuler avec le réel de la maladie pour supporter psychologiquement la violence du confinement et du traitement. Entretiens psychologiques avec le patient, sa famille : avant la greffe, dés l’annonce. Construire avec le patient et sa famille un « milieu thérapeutique », qui perdurera après le temps d’hospitalisation. Travail en équipe : le psychologue travaille dans l’interdisciplinarité, il traduit à l’équipe les signes, les appels du patient, pour pouvoir, ensemble, y répondre au plus prés. Grâce au travail du psychologue, la compliance aux traitements est meilleure. Ainsi, ce temps de la maladie, via l’élaboration psychologique, permet que le corps biologique reprenne son statut de corps animé.
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